La plupart des PME relancent leurs devis une fois, dix jours après l’envoi, avec une phrase qui ressemble à « je reviens vers vous concernant mon devis, avez-vous pu y réfléchir ».
Ce message a deux défauts. Il n’apporte rien au client, et il le lui fait sentir : la seule information qu’il transmet est que vous attendez une réponse. Le client le sait déjà.
Une relance qui fonctionne suit une autre logique. Elle donne quelque chose au lieu de demander.
Pourquoi les relances manquent, avant même la formulation
Le problème est rarement la façon de rédiger. Il est en amont.
Personne ne sait quels devis attendent. Quand l’information n’est écrite nulle part, la relance dépend de ce que quelqu’un se rappelle. Les devis relancés sont alors les plus gros ou les plus récents, pas ceux qui en auraient le plus besoin.
Aucune date ne déclenche l’action. Sans échéance dans le devis lui-même, il n’existe pas de moment naturel pour reprendre contact.
La relance est vécue comme une gêne. Beaucoup de dirigeants la repoussent parce qu’ils l’assimilent à de l’insistance. C’est le cas quand elle n’apporte rien. Ça cesse de l’être dès qu’elle transmet une information réelle.
Ce troisième point est le plus important, parce qu’il explique pourquoi le sujet est rarement traité de front.
La séquence en trois temps
Trois messages, espacés, avec un contenu différent à chaque fois. Le calendrier ci-dessous se compte à partir de l’envoi du devis.
Jour 2 ou 3 : la vérification
Beaucoup trop tôt selon l’intuition générale, et c’est précisément l’intérêt.
L’objet de ce message n’est pas de demander une décision, mais de vérifier que le devis est bien arrivé et qu’il est lisible. C’est une attention, pas une pression, et elle passe comme telle.
Elle règle au passage un problème invisible : les devis en pièce jointe qui n’ont jamais été ouverts, cas fréquent quand le document part par email alors que toute la relation se tient sur WhatsApp.
Jour 7 ou 8 : l’apport
C’est le message qui décide de tout, et celui que presque personne n’écrit.
Il apporte un élément que le client n’avait pas au moment de recevoir le devis. Quatre contenus fonctionnent, à choisir selon le dossier.
Une disponibilité de planning. « Nous avons une ouverture la semaine du 15, ce qui permettrait de livrer avant la fin du mois. »
Une précision technique sur un point que le devis ne développait pas, en particulier si le client a posé une question à l’oral.
Une option qu’il n’avait pas envisagée, moins chère ou plus rapide, ce qui transforme un choix binaire en arbitrage.
Une référence comparable, une prestation du même type réalisée récemment, sans nommer le client si ce n’est pas convenu.
Ce message n’appelle pas de décision. Il justifie sa propre existence, ce qui est exactement ce qui le distingue d’une relance ordinaire.
Jour 14 ou 15 : l’échéance
Le dernier message s’appuie sur la date de validité du devis, à condition qu’elle existe.
C’est le seul motif de relance qui ne dépend pas de votre bon vouloir : le prix arrive à échéance, vous prévenez. Le client comprend immédiatement, et la démarche ne peut pas être lue comme de l’insistance.
Sans date de validité, ce troisième message n’a aucun appui et retombe sur « avez-vous réfléchi ». C’est l’une des raisons pour lesquelles cette date compte, comme l’explique le pilier sur les devis sans réponse.
Le message de clôture, souvent le plus efficace
Après la troisième relance sans réaction, un dernier message est possible, et il surprend par son rendement.
Il annonce que vous classez le dossier, remercie pour la consultation, et laisse la porte ouverte sans rien demander.
Ce message obtient des réponses parce qu’il retire la pression au lieu de l’ajouter. Un client qui n’avait pas répondu par embarras, parce que son projet a été reporté ou son budget refusé, retrouve la possibilité de le dire.
Et une réponse, même négative, vaut mieux qu’un silence : elle libère votre suivi et vous apprend quelque chose.
Par quel canal
Les deux premières par écrit. L’écrit laisse une trace et n’oblige pas le client à répondre sur le moment, ce qui augmente les chances qu’il réponde du tout.
La dernière par téléphone, quand il s’agit de savoir si le dossier est encore vivant. Une question directe posée à l’oral obtient une réponse franche que trois emails n’auraient pas obtenue.
Sur beaucoup d’activités marocaines, WhatsApp remplace utilement l’email pour les deux premières, parce que c’est là que le client lit réellement. Le devis lui-même peut rester en pièce jointe d’un email, mais l’annonce et les relances gagnent à passer par le canal de la conversation.
Les trois formulations qui font échouer une relance
Elles reviennent constamment, et chacune produit l’effet inverse de celui recherché.
« Je me permets de revenir vers vous. » L’excuse préalable installe une position basse et suggère que votre message dérange. Il ne dérange pas : vous avez travaillé sur un dossier, vous donnez une information. Commencez par l’information.
« Avez-vous eu le temps de réfléchir ? » Elle demande au client de justifier son silence, ce que personne n’aime faire. C’est d’ailleurs souvent ce qui explique l’absence de réponse aux relances elles-mêmes : le client n’a pas d’excuse à fournir, alors il ne répond pas du tout.
« Sans réponse de votre part, je considérerai que… » La menace implicite, même polie, ferme la porte plus qu’elle ne l’ouvre. La variante utile existe pourtant, et c’est le message de clôture décrit plus bas : elle annonce le classement du dossier sans en faire une conséquence du comportement du client.
Le test est simple. Relisez votre message et demandez-vous ce qu’il apporte à celui qui le reçoit. Si la réponse est rien, il ne partira pas mieux rédigé, il ne devrait pas partir du tout.
Ce que l’automatisation fait, et ne fait pas
Une fois la séquence écrite, elle s’automatise sans difficulté : le déclenchement aux jours prévus, le rappel au commercial, l’arrêt automatique dès que le client répond.
Ce dernier point est le plus important et le plus souvent raté. Une relance qui part après que le client a répondu annule tout le bénéfice et signale immédiatement que le message était automatique.
Ce que l’automatisation ne fait pas, c’est trouver le contenu du deuxième message. La disponibilité de planning, la précision technique, l’option alternative, tout cela suppose de connaître le dossier. Un message générique envoyé au bon moment reste un message générique.
La répartition qui fonctionne est donc celle-ci : la machine tient le calendrier, déclenche les messages, s’arrête sur réponse et vous signale les dossiers à traiter. Vous écrivez ce qui demande de connaître le client, c’est-à-dire l’apport du deuxième message. C’est le partage que met en place l’offre PRESENCE, et c’est celui qui évite les deux échecs habituels : la relance entièrement manuelle qui n’a jamais lieu, et la séquence entièrement automatique qui se voit dès le premier message.
Les mécanismes généraux de relance, au-delà du seul devis, sont traités dans les relances clients automatiques.
En résumé
- Le problème de la relance est en amont : personne ne sait quels devis attendent
- Une relance utile apporte une information, elle ne demande pas si le client a réfléchi
- Trois messages suffisent : vérification à J+2, apport à J+7, échéance à J+14
- Le deuxième message est celui qui décide, et celui que presque personne n’écrit
- Le troisième s’appuie sur la date de validité, qui doit donc exister
- Le message de clôture obtient des réponses parce qu’il retire la pression
- L’automatisation gère le calendrier et l’arrêt sur réponse, pas le contenu du deuxième message
Questions fréquentes
Combien de fois relancer un devis ?
Trois fois suffisent dans la grande majorité des cas, espacées et avec un contenu différent à chaque fois. Au-delà, le rendement chute nettement et le risque d'agacer dépasse le gain espéré. Ce qui compte n'est pas le nombre mais le fait que chaque message apporte un élément nouveau.
Au bout de combien de temps relancer ?
La première relance intervient bien plus tôt qu'on ne le croit, deux à trois jours après l'envoi. Attendre une semaine laisse le temps à un concurrent de conclure, et donne au client l'impression que le dossier ne vous importe pas particulièrement.
Que dire dans une relance ?
Tout sauf demander si le client a réfléchi. Une relance utile apporte une information qu'il n'avait pas : une précision technique, une disponibilité de planning, une échéance de validité qui approche, une option qu'il n'avait pas envisagée.
Faut-il relancer par téléphone ou par écrit ?
L'écrit pour les deux premières, car il laisse une trace et n'oblige pas le client à répondre sur le moment. Le téléphone pour la dernière, quand il s'agit de savoir si le dossier est vivant. Sur beaucoup d'activités marocaines, WhatsApp remplace utilement l'email.
Comment savoir quand arrêter ?
Après la troisième relance sans aucune réaction, considérez le dossier comme dormant plutôt que perdu. Un message de clôture courtois obtient d'ailleurs souvent une réponse, parce qu'il retire la pression au lieu de l'ajouter.