Dans une agence de voyage sur-mesure, chaque devis commence par la même enquête : quelle villa est adaptée, à quel prix négocié, avec quelles photos, sous quelles conditions. L’information existe, mais elle est répartie entre la mémoire du gérant, des conversations avec les propriétaires, des annonces en ligne et un cloud où l’on retrouve tout et n’importe quoi.
Un catalogue est la réponse évidente, et presque tout le monde le sait. Peu l’ont réellement construit, parce que le chantier paraît long et que l’on ne sait pas par où commencer. Résultat : on retourne chercher la même photo sur une annonce, pour la dixième fois.
Cet article explique comment le bâtir sans y passer des mois. Il complète notre description du devis intelligent pour une agence de voyage, qui part du principe que le catalogue existe. Voici comment l’obtenir.
C’est la première brique de ce que nous mettons en place avec les agences de voyage sur-mesure, décrite sur la page devis de voyage sur-mesure au Maroc : le catalogue d’abord, le devis ensuite.
Ce qu’un catalogue doit faire, et rien d’autre
Un catalogue n’est pas une base de données exhaustive. C’est un outil de décision : il doit permettre, en moins d’une minute, de répondre à la question « quels biens correspondent à cette demande ? ».
Si une information ne sert pas à écarter ou à retenir un bien, elle n’a rien à faire dans la fiche. Si une information sert à chaque devis, elle doit s’y trouver, au même endroit, sous la même forme, pour tous les biens.
La règle est donc l’uniformité. Une fiche qui ressemble à toutes les autres se parcourt en quelques secondes. Une fiche qui suit la fantaisie de celui qui l’a remplie oblige à tout relire.
La fiche d’un bien : ce qu’il faut y mettre
Voici ce qui fait gagner du temps dans la grande majorité des agences, classé par ce qu’il permet de faire.
Pour filtrer rapidement
- le nom du bien et son type (villa, riad, maison d’hôtes, appartement) ;
- le quartier ou la zone, avec un temps de trajet vers un ou deux repères utiles ;
- la capacité réelle : nombre de chambres, de lits, de personnes ;
- les équipements qui décident d’un choix : piscine, climatisation, chauffage, accès pour personnes à mobilité réduite, parking ;
- les contraintes : enfants acceptés ou non, animaux, événements, fumeurs.
Pour chiffrer sans rappeler
- le prix de base et la façon dont il varie par saison ;
- le prix négocié avec le propriétaire, avec sa date de validité ;
- les frais annexes : ménage, personnel, caution, consommations ;
- les conditions d’annulation du propriétaire.
Pour proposer sans improviser
- une description courte, écrite une fois dans votre ton ;
- les points forts réels, ceux que vous mettez en avant à chaque fois ;
- ce qu’il faut savoir avant de recommander : une rue bruyante, un accès difficile en voiture, une terrasse très exposée.
Pour contacter la bonne personne
- le nom du propriétaire ou du gestionnaire, ses coordonnées et le canal qu’il préfère ;
- le délai habituel de réponse.
Ce dernier point est souvent oublié. Il est pourtant celui qui permet à un collaborateur, ou à vous-même dans six mois, de savoir qui appeler sans fouiller dans ses messages.
Les photos : le point où le temps se perd
Quand on demande où se perd le plus de temps dans un devis, la réponse revient presque toujours : à retrouver les photos. Elles existent, elles ont déjà servi, mais elles sont dans une conversation, un cloud, ou sur l’annonce qu’on va télécharger de nouveau.
Un catalogue qui ne règle pas cette question ne règle rien. Trois principes aident.
Une photo appartient à un bien, pas à un dossier. Nommez et rangez les images par bien, dans un dossier unique, pas par client ni par date de devis. Un bien a un dossier, point.
Triez à l’entrée. Gardez les photos que vous êtes prêt à envoyer à un client : celles qui montrent le bien tel qu’il est, avec une lumière correcte. Les doublons, les images floues et les photos qui ne reflètent plus la réalité n’ont rien à faire dans le dossier.
Nommez avec une règle. Une règle simple, comme le nom du bien, la pièce, puis un numéro, évite les « IMG_4572 » impossibles à retrouver. La règle importe moins que le fait qu’elle soit la même partout.
Gardez aussi une trace des droits : quelles photos vous appartiennent, lesquelles viennent du propriétaire, lesquelles d’une plateforme. Utiliser une image reprise d’une annonce dans un document commercial n’est pas anodin.
Les descriptions : écrire une fois
Réécrire à chaque devis la description d’une villa que vous connaissez par cœur est un gaspillage, et le résultat ne s’améliore pas : il change à chaque fois, selon l’humeur et la fatigue.
Rédigez une description par bien, avec soin, une seule fois. Gardez-la dans la fiche. Retouchez-la au moment du devis si le client a une demande précise, mais partez de ce texte et non d’une page blanche.
Le risque, sur une offre haut de gamme, est que tout se ressemble. La parade est de n’écrire que ce qui est vrai et singulier : ce que le voyageur trouvera ici et nulle part ailleurs. Un texte qui pourrait décrire dix autres biens ne vend aucun des vôtres.
Les excursions et prestataires : même logique
Le catalogue ne s’arrête pas aux hébergements. Une excursion, un transfert, un chef à domicile, un massage suivent exactement la même logique : une fiche avec ce que c’est, pour combien de personnes, à quel prix, avec qui, sous quelles conditions et avec quel délai de réservation.
Vous verrez vite apparaître un second bénéfice. En rangeant ces informations, vous découvrez les prestataires qui répondent vite et ceux qui obligent à relancer trois fois. Cette connaissance, aujourd’hui dans votre tête, devient une donnée que vous pouvez utiliser. C’est un sujet à part entière, que nous traiterons séparément.
Le piège de la disponibilité
C’est la question que tout le monde se pose : faut-il mettre les disponibilités dans le catalogue ?
La réponse honnête est qu’une disponibilité qui n’est pas fiable est dangereuse. Un calendrier affiché qui n’est pas à jour fait promettre une villa qui est déjà prise. Dans ce métier, une promesse non tenue coûte plus qu’une réponse qui prend dix minutes de plus.
Le catalogue décrit ce qui ne change pas. La disponibilité, elle, se confirme auprès du propriétaire au moment où elle compte. Si certains de vos propriétaires partagent un agenda, vous pouvez le consulter, mais gardez le réflexe de confirmer avant d’envoyer.
Comment démarrer sans y passer l’année
L’erreur classique est de vouloir tout remplir avant de commencer à s’en servir. Le chantier s’enlise, personne ne l’utilise, et on retourne à l’ancienne méthode.
Une démarche plus réaliste tient en quatre étapes.
- Commencez par les dix biens que vous vendez le plus. Ils représentent presque toujours l’essentiel de votre activité.
- Fixez la fiche avant de remplir. Décidez des champs, faites un premier bien complet, puis vérifiez qu’il vous sert vraiment. Corrigez la fiche, puis seulement ensuite continuez.
- Utilisez-le tout de suite. Pour le prochain devis, partez du catalogue. Ce que vous y chercherez sans le trouver vous dira ce qu’il manque.
- Ajoutez au fil de l’eau. Chaque nouveau bien entre dans le catalogue avant son premier devis, pas après.
Un catalogue de dix biens utilisé chaque semaine vaut mieux qu’un catalogue de cent biens que personne n’ouvre.
Garder le catalogue vivant
Un catalogue meurt de la même façon qu’il a été construit : par oubli. Un prix change, un propriétaire arrête, une villa est rénovée, et la fiche reste figée.
Deux habitudes suffisent. D’abord, une personne est responsable du catalogue, même si elle y consacre trente minutes par semaine. Ensuite, chaque devis est une occasion de contrôle : si vous constatez qu’une information est fausse en le préparant, vous la corrigez à ce moment-là.
En résumé
- Un catalogue est un outil de décision : il doit permettre de filtrer les biens en moins d’une minute
- L’uniformité des fiches compte plus que leur nombre de champs
- Les photos se rangent par bien, se trient à l’entrée et se nomment avec une règle simple
- Une description écrite une fois, réutilisée et retouchée, vaut mieux qu’un texte nouveau à chaque devis
- La disponibilité se confirme auprès du propriétaire, elle n’a pas à figurer dans la fiche
- Commencez par les dix biens les plus vendus et utilisez le catalogue tout de suite
Si vous voulez voir comment cela s’intègre dans un devis de séjour, la page devis de voyage sur-mesure au Maroc détaille les étapes. Et si vous êtes à Marrakech, la page agence de voyage à Marrakech présente ce que nous mettons en place. Pour commencer par un état des lieux de vos informations, le diagnostic est le point d’entrée.
Questions fréquentes
Combien de biens faut-il avoir pour qu'un catalogue vaille la peine ?
Il n'y a pas de seuil. Le bon calcul est celui du temps : combien de fois par semaine retrouvez-vous la même information, la même photo ou le même prix négocié ? Un catalogue de dix biens bien tenus fait déjà gagner plus qu'un cloud de deux cents dossiers en désordre.
Faut-il mettre les disponibilités dans le catalogue ?
Pas forcément, et c'est même risqué. Une disponibilité qui n'est pas à jour est pire que pas de disponibilité, parce qu'elle donne une fausse certitude. Le catalogue décrit ce qui ne change pas, la disponibilité se vérifie auprès du propriétaire au moment du devis.
Qui doit remplir le catalogue ?
Vous, ou quelqu'un de confiance, une fois, avec une méthode. Ce n'est pas un travail à confier au hasard : un catalogue rempli sans règle commune devient aussi inutilisable que ce qu'il remplace. L'effort initial est réel, c'est ce qui le rend durable.
Les prix négociés avec les propriétaires doivent-ils figurer dans le catalogue ?
Oui, c'est l'une des informations qui fait gagner le plus de temps, mais elle doit être datée et limitée aux personnes qui en ont besoin. Un prix négocié sans date de validité devient vite une source d'erreur.